L’art de la consigne chez les professeurs de littérature des cégeps du Québec

Marcel Goulet, Professeur-chercheur, Université de Montréal, Cégep Édouard-Montpetit, CRILCQ (Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises)

Résumé

En 1994, le ministère de l’Éducation du Québec choisissait d’inscrire l’enseignement de la littérature dans les cégeps dans une approche centrée sur la « lecture littéraire » et de l’arrimer à une pédagogie par objectifs orientée vers le développement de compétences. Quel impact cette décision a-t-elle eu sur le travail de formulation de consignes invitant les étudiants à la production de discours secondaires sur les textes littéraires? Les travaux menés depuis en didactique de la littérature sur le sujet lecteur ont-ils exercé une influence sur ce travail? Bref, où en est-on dans l’exercice de cet art de la parole didactique qu’on appelle la consigne et qui sert à lancer les travaux de diverse nature exigés des étudiants en rapport avec une expérience de lecture littéraire? Nous tenterons de répondre à ces questions à partir d’un échantillon de consignes provenant d’enseignants, de manuels, d’éditions scolaires d’œuvres et des sujets proposés depuis 1998 à l’Épreuve ministérielle de langue et de littérature. Nous soumettrons notre échantillon à un cadre d’analyse en trois volets: esthétique, rhétorique et épistémologique. Nous chercherons, d’une part, à voir ce qui, sur ces trois plans, caractérise les énoncés dans leur forme même. Nous chercherons, d’autre part, à établir dans quel type de relation esthétique les consignes inscrivent la lecture des œuvres, quel type de discours elles invitent à tenir sur elles et dans quel rapport au savoir elles engagent le lecteur.

 

 

Publicités